Vincent Lindon
Issu d'un milieu littéraire (son père est le fondateur des Editions de Minuit), Vincent Lindon débute au cinéma par de nombreux seconds rôles : inspecteur dans Le Faucon (Paul Boujenah, 1983), policier chantant dans 37°2 le matin (Jean-Jacques Beineix, 1985), dangereux séducteur dans Escort girl (Half moon street) (Bob Swaim, 1986), ou encore petit ami de Sandrine Bonnaire dans Quelques jours avec moi (Claude Sautet, 1988). Ce n'est qu'en 1988 que Claude Pinoteau lui propose un rôle principal, celui d'un musicien romantique et amoureux de Sophie Marceau dans L'Etudiante, film qui lui vaut le prix Jean Gabin en 1989.
Après avoir donné la réplique à Yves Montand dans le sombre Netchaïev est de retour, il entame sa collaboration avec Claude Lelouch. Les deux hommes travailleront ensemble sur trois comédies : Il y a des jours... et des lunes, Tout ça... pour ça !(1992), et La Belle histoire (1992). Archétype de l'homme romantique presque faible et désappointé, Vincent Lindon est nommé au César en 1993 pour son rôle de dépressif dans La Crise de Coline Serreau. Il retrouve la réalisatrice avec Chaos, en 2001.
Avec son ami Pierre Jolivet, il explore le problème du chômage et de ses ravages, d'abord dans Fred (1996) puis plus légèrement dans Ma petite entreprise (1998). Toujours pour Pierre Jolivet, Vincent Lindon enfile le costume pour Le Frère du guerrier qui le propulse au Moyen-Age (2002). Fidèle, il tourne également Benoît Jacquot : Le Septieme Ciel (1997, Pas de scandale (1998), et L'Ecole de la chair (1998), trois drames sur l'intimité, les secrets et les mensonges dans la vie conjugale. Autant de thèmes qu'explore Claire Denis dans Vendredi soir (2002), où Lindon est opposé à Valérie Lemercier
Fabrice Luchini
Fils d'un immigré italien, Fabrice Luchini grandit dans le quartier de la Goutte d'or, où dès son plus jeune âge, il vend à la criée les fruits et légumes du commerce de ses parents. Préférant la rue à l'école, il se passionne néanmoins très tôt pour la littérature en dévorant Balzac, Flaubert ou Proust, goût qu'il cultivera d'ailleurs toujours en autodidacte. À 13 ans, sa mère le place dans un salon chic de l'avenue Matignon comme apprenti coiffeur, mais sa passion pour l'univers de la Soul et pour James Brown en particulier en fait un habitué des discothèques, où il est repéré par Philippe Labro qui lui confie son premier rôle dans Tout peut arriver, en 1969.
Fabrice Luchini joue ensuite dans Le Genou de Claire d'Eric Rohmer, dont il va devenir l'acteur fétiche, et s'inscrit parallèlement aux cours de Jean-Laurent Cochet. Comme une révélation, il y découvre le théâtre, "seul lieu où s'exprime la vie, la nourriture de la vie, ce qu'aucune école n'enseignera jamais". Fort de cette nouvelle expérience, il retrouve Rohmer en 1978 pour Perceval le Gallois et tourne quelques comédies sans pour autant susciter une véritable adhésion. Il lui faudra ainsi attendre 1990 et son rôle dans La Discrete de Christian Vincent, où il impose son personnage de dandy précieux à l'éloquence ciselée, pour qu'il soit enfin reconnu du grand public.
Dès lors, il enchaîne grosses productions et films d'auteurs, laissant libre court à son talent explosif et à sa verve habituelle dans Riens du tout de Cédric Klapisch en 1992, Tout ça... pour ça ! de Claude Lelouch en 1993, ou encore Beaumarchais, l'insolent d' Edouard Molinaro en 1995. Il donne la réplique à des actrices telles que Sandrine Kiberlain dans Rien sur Robert en 1999, Nathalie Baye dans Barnie et ses petites contrariétés en 2001, et Sandrine Bonnaire dans Confidences trop intimes en 2004. Mais le comédien, qui retrouve son complice Vincent Lindon dans Le Coût de la vie, décide néanmoins de se consacrer davantage à la scène, où il rencontre un important succès en déclamant des textes de La Fontaine, Nietzche ou Céline
Lorant Deutsch
Désireux d'entamer une carrière de footballeur mais n'ayant pas la carrure suffisante, Lorant Deutsch se rabat sur la comédie en tournant des spots publicitaires, parmi lesquels un pour la marque de viande Charal, et en apparaissant au générique de séries télévisées comme Les Intrépides en 1992.
En 1999, sa carrière cinématographique prend son envol grâce au réalisateur Djamel Bensalah qui lui confie l'un des rôles principaux de la comédie Le Ciel, les oiseaux et... ta mère !. Après quelques seconds rôles dans Peut-être, L'Envol, et Là-bas, mon pays, il fait de la comédie son genre de prédilection, aimant incarner les petites teignes (Jet set, Bienvenue chez les Rozes) et les éternels apprentis (HS hors service, Ripoux 3).
En 2002, devenu incontournable, Lorant Deutsch s'improvise "boussole du 93" dans Le Raid de son fidèle ami Djamel Bensalah, et retrouve ses premières amours, le ballon rond, pour les besoins de la comédie 3 zéros de Fabien Onteniente. Il continue sur sa lancée avec Le Coût de la vie (2003), film chorale dans lequel il interprète un garçon de café fauché, et Les Amateurs (id.) de Martin Valente, où il forme avec Jalil Lespert un tandem comique de banlieusards
Isild Le Besco
Bien que n'ayant jamais pris de cours de comédie, Isild Le Besco se fait remarquer à 15 ans lors d'un casting par Emmanuelle Bercot, alors cinéaste débutante. De cette rencontre déterminante naît une collaboration féconde : après un court (Les Vacances) et un téléfilm (Le Choix d'Elodie), les deux jeune femmes tourneront en 1998 La Puce. Plus qu'un nom, Isild Le Besco se forge une véritable expérience.
L'année suivante, le grand public la découvre dans Les Filles ne savent pas nager de Anne-Sophie Birot, et surtout dans Sade où elle partage la vedette avec Daniel Auteuil. Ce film lui vaut en outre une première nomination aux César comme meilleure espoir féminin. Elle récidive en 2001 grâce à son rôle de Léa dans le film de Cédric Kahn: Roberto Succo
Claude Rich
Claude Rich échappe à une carrière d'employé dans les assurances en s'inscrivant au cours de Charles Dullin puis en entrant au Conservatoire. Après plusieurs succès au théâtre, notamment dans Château en Suède de Francoise Sagan, il tourne pour la première fois au cinéma dans Les Grandes Manoeuvres de René Clair en 1955.
Il s'impose dans les années soixante avec des seconds rôles de jeunes premiers (Le Caporal epingle de Jean Renoir, 1962 et Les Tontons flingueurs de Georges Lautner, 1963). D'autres réalisateurs de renom le dirigent tels que Michel Deville (Ce soir ou jamais, 1960) et Julien Duvivier (Le Diable et les dix Commandements, 1962). Avec Les Compagnons de la marguerite de Jean-Pierre Mocky, Claude Rich accède aux premiers rôles masculins sans pour autant abandonner l'art dramatique en interprétant des classiques (Lorenzaccio) et en écrivant des pièces.
A la fin des années soixante, il alterne cinéma d'auteur (La mariee etait en noir de François Truffaut en 1968, Stavisky d'Alain Resnais en 1973) et cinéma populaire avec bonheur. Aussi à l'aise dans la comédie (Oscar, 1967) que dans le drame (Le Crabe tambour,1977), Claude Rich se plaît à construire des personnages de composition comme dans La Guerre des polices de Robin Davis en 1980.
Après une période moins fructeuse dans les années 80, le comédien revient en force avec Le Souper d'Edouard Molinaro en 1992 grâce auquel il remporte le César du meilleur acteur. Claude Rich se plaît à interpréter des personnages variés avec un brin de folie comme dans La Bûche de Danièle Thompson. Il participe aussi à des grosses productions françaises au nombre desquelles on trouve La Fille de d'Artagnan de Bertrand Tavernier (1994) et Astérix et Obélix : mission Cléopâtre d'Alain Chabat (2001)
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